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mardi, 26 juin 2012 15:38

Doit-on retourner aux monnaies nationales ?

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Doit-on retourner aux monnaies nationales ?

(26/06/2012)

De nombreuses voix parlent d'un retour aux monnaies nationales, en justifiant les problèmes nationaux actuels par la mise en place de l'Euro. Cette idée n'a en fait pas lieu d'être.
D'abord, faire du clientélisme politique pendant 50 ans en s'endettant davantage, n'est pas particulièrement lié à l'Euro. Ce que l'Euro a permis de faire apparaître, c'est la gestion budgétaire catastrophique de la majorité des états Occidentaux.

Ensuite, une faillite n'est en général pas difficile à comprendre : lorsque l'on dépense plus que ce que l'on gagne, on finit en banque route. Rien de savant et pas de théorie du complot.

Dans le passé, l'arnaque de l'inflation monétaire en pesetas, drachmas, francs etc résolvait le problème mathématique des déficits publics. Avec l'Euro, le degré de transfert de richesse de la partie responsable de la population (ceux qui travaillent et économisent) vers les rigolos (ceux qui ne savent que dépenser, i.e l'Etat en premier), a dû s'arrêter au niveau de la gestion monétaire du pays le moins cancre, c'est-à-dire l'Allemagne.

Même si la gestion de l'Euro peut être classée comme mauvaise, elle a été nettement meilleure que la gestion monétaire de la majorité des pays européens lorsqu'ils avaient leur propre devise.

L'argument un peu plus subtile, mais tout aussi erroné, en faveur du retour aux monnaies nationales, est celui de la compétitivité. Certains disent qu'en retournant au franc français par exemple, et en le dévaluant, la France gagnerait en compétitivité face à l'Allemagne. Ce qu'on est en train de dire ici, c'est qu'au lieu de baisser le salaire de l'ouvrier français de par exemple 5 unités monétaires à 4 unités monétaires, on va simplement lui dire qu'il est toujours payé 5, mais que ses 5 unités n'achèteront plus que 4 baguettes au lieu de 5.

Bien sûr, dans le cas de la dévaluation comme dans le cas de la réduction de salaire, l'ouvrier va finir avec 4 baguettes. Donc cet argument d'augmentation de la compétitivité ne revient qu'à comment réduire le salaire de cet ouvrier sans que ce dernier comprenne ce qui se passe. On a ici une belle illustration de ce que l'Etat pense de ses citoyens, et il est toujours étonnant de voir autant de citoyens espérer des solutions venant de l'Etat.

Et maintenant que dire de ceux qui ont économisé un capital ? Ceux qui ont dépensé moins que ce qu'ils ont gagné ? Ceux-ci vont voir le pouvoir d'achat de leurs économies se réduire. Il faut bien comprendre que le résultat net d'une dévaluation est zéro : ce que les épargnants ont perdu, quelqu'un d'autre l'a reçu (en général l'Etat). Donc on se retrouve avec moins de capital à investir, et à encourager le comportement de cigale dans la population. Même si sur le court terme il peut y avoir des signes d'amélioration, le moyen/long terme est toujours mauvais.

Maintenant si on réfléchissait d'un point de vue technique sur un retour aux monnaies nationales. Si je suis un marchand grec par exemple, et on me dit qu'à partir d'aujourd'hui ce sont des drachmas qui vont circuler, et je sais bien sûr que demain l'Etat grec va s'amuser à faire marcher la planche à billets pour augmenter le salaire des fonctionnaires etc En tant que marchand, je vais demander qu'on me paye en quelque chose qui va maintenir sa valeur jusqu'à après-demain au moins. Et ce sera probablement l'Euro pour le moment.

Si on souhaite maintenir un minimum de libertés individuelles, la sortie de l'Euro -d'un pays qui a peu de discipline monétaire- ne peut se faire que vers une devise supérieure (Or, argent, pétrole, terres etc), et certainement pas vers une devise inférieure.

Tout passage à une devise inférieure doit s'accompagner par une perte de libertés individuelles, parce que seule la violence de l'Etat pourra obliger l'utilisation de cette nouvelle devise (Ex : pays communistes, majorité des pays décolonisés).

Même si la gestion de l'Euro peut être classée comme mauvaise, elle a été nettement meilleure que la gestion monétaire de la majorité des pays européens lorsqu'ils avaient leur propre devise. Une sortie de l'Euro ne résoudrait rien, mais conduirait probablement à des régimes centralisés de type fasciste.

Le commerce, et donc l'emploi, peuvent être revitalisés par l'allègement de toutes les régulations/taxes que l'Etat impose, et la sortie de l'Etat de l'activité économique. Ceci implique aussi que l'Etat ne peut pas s'endetter au nom de ses citoyens.

Remarques:

- Si une personne s'endette au nom de quelqu'un d'autre, elle va en prison pour fraude. Quand l'Etat le fait, cela s'appelle 'un plan de relance'.

- Si une personne fait circuler de faux billets, elle se fait appeler 'faussaire' et est jetée en prison. Quand l'Etat le fait, cela s'appelle 'assouplissement quantitatif'.
Lu 6141 fois Dernière modification le mercredi, 27 juin 2012 10:10
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